Stroboscopie, Éditions Théâtrales

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Sous une lumière capricieuse, on observe comme des arrêts sur image entre une fille et un garçon. Ils engagent la conversation sur ce qu’on croit savoir de l’autre, de sa vie, de ses manies, comment on fait pour être une fille, et un garçon aussi… Alors bien sûr ça parle des soucis, des conseils des adultes qu’on doit bien prendre en compte, mais ça rêve, et ça parle d’espoir, et d’amour aussi.
Sébastien Joanniez écrit tout en humour et en finesse sur les adolescents dans un rythme élevé, comme les tchac-tchac-tchac d’un stroboscope. Il offre un texte matériau pour autant de filles et de garçons que l’on voudra, visages multiples d’un portrait d’aujourd’hui.

Chouf – Éditions Espaces 34

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« l’Algérie

elle me manque un peu

pas trop

des fois

beaucoup

je sais pas

elle me manque partout »

 

Écrits au cours de voyages entre la France et l’Algérie, issus de rencontres ou totalement inventés, les textes de Chouf sont des pépites du passé, des bribes d’aujourd’hui, les éléments d’un pont qui se jette par-dessus la Méditerranée.

Ici, la poésie tente de dire le silence et l’espoir.

La page presque blanche allume des feux dans la nuit.

Car l’Histoire n’a pas encore éteint nos souvenirs, ni coulé nos bateaux, ni entamé nos appétits.

J’AIME PAS MA SOEUR

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« Je sais que c’est mal. 

J’essaye de l’aimer ma petite sœur. 

Mais c’est plus fort que moi. 

J’arrive pas à m’empêcher de la détester. 

Mais je l’aime aussi des fois. 

Quand je la vois pas. 

Quand elle est partie en vacances. 

Quand elle est allée chez une copine. 

Là je l’aime. 

Mais sinon je la déteste de tout mon cœur. « 

(Extrait)

« Ces deux monologues où Sébastien Joanniez donne tour à tour la parole à la grande et à la petite sœur, aux voix très différentes, dessinent en creux les portraits de deux personnalités pleines de vitalité.

Avec beaucoup d’humour et une langue très inventive, Sébastien Joanniez nous fait entrer dans la tête de la grande sœur qui trouve que le rôle d’aînée n’est pas toujours facile. Tandis que la petite se plaint de ne pas être prise au sérieux… « Je la déteste » disent-elles toutes les deux, et on entend « je l’aime »!

 

Parution en mars 2013 aux Editions du Rouergue (collection Boomerang).

Vampires, cartable et poésie

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Dans sa Famille Magique, il y a son père et sa mère qui n’ont qu’à claquer des doigts pour tout avoir.

Il y a aussi les squelettes, les vampires, les ogresses et tous les êtres merveilleux.

Lui, il va à l’école pour apprendre comme les autres enfants.

 

Extrait :

Sur le chemin de l’école, La fille dit :

– Les nuages habillent le ciel pour l’hiver. Le ciel bleu, c’est un ciel tout nu… 

Elle ajoute : 

– Je t’ai entendu pleurer hier. Tes larmes, je les ai gardées là. 

Elle ouvre ses mains : mes larmes sont dedans.

 


Parution en février 2013 aux Editions du Rouergue (collection Dacodac).

Une critique ici

 

 

VIDEO-LECTURE

VIDEO-LECTURE dans ARTICLES photo-emile-zeizig-300x199L’autre jour, je suis allé lire à la Médiathèque de Saint-Herblain (à côté de Nantes).

Là-bas, Marc David a filmé ma lecture, et il en a monté deux extraits (« Désarmés » et « Treizième Avenir »).

Deux petits moments de poésie à écouter/voir ici.

 

 

On dit (dans Le Monde)

On dit (dans Le Monde) dans ARTICLES 2012-300x292

En cours – un roman

En cours - un roman  dans ARTICLES 07102008-300x225Un projet de livre pour les adultes – À paraître bientôt (j’espère)

2010

(Elle)

 

« Le premier puis la deuxième enfant marchent devant moi pendant que tu fermes la maison à clefs pour partir en vacances, comme dans la plus belle des histoires, comme l’image-même du plus beau des contes. Et je nage, je vis, je suis dedans, devant cette maison qui est la nôtre, à suivre ces enfants qui viennent de ton ventre et du mien, comme dans le meilleur scénario possible. Je suis là, au milieu du bonheur, et je pianote un message à mon amant, à toute vitesse pour ne pas que tu me voies.

Mon fils se retourne et me pose une question, mais je ne veux pas perdre le fil, et je continue à écrire mon message du bout des doigts sans répondre à mon fils qui répète sa question plus fort et s’arrête carrément pour me tirer par la manche. Mais j’ai bientôt fini d’écrire le dernier mot et j’ai peur que tu me voies, alors je retire mon bras brusquement, et le blouson de mon fils se déchire avec un bruit net qui surprend tout le monde.

Tu te retournes et tu nous regardes, tu me vois, tu vois mon visage rouge plein de gêne, le téléphone dans ma main, les yeux de ton fils qui me fixent avec une colère sourde, la bouche de ta fille qui débute un sanglot. Tu vois l’image du plus beau des contes se déchirer devant toi, comme un cri traverse le silence de ces derniers mois, et tu éclates. Tu ne sais pas comment sortir la colère tellement enfouie, tellement loin dans le silence, tu hésites un instant, une fraction de seconde.

Où tu balayes le paysage d’un œil mauvais, à la recherche de quelque chose à briser. Mais tu ne trouves rien qui pourrait satisfaire une rage si grande.

Alors tu poses les valises, te redresses, et jettes subitement les clefs de toutes tes forces vers moi.

Et j’ai eu peur de toi, j’ai compris que c’était fini entre nous, à l’instant de prendre tes clefs en travers du visage, c’était fini.

Puis les clefs ont volé sur la rue, glissé sous une voiture, et il a fallu de longues minutes pour que tu les récupères, pour que tu ranges les valises dans le coffre, que tu entres dans la voiture et démarres enfin, de longues plages de silence mortel, avec les enfants sur la banquette arrière qui s’agitaient.

 

 

 

2012

(Lui)

 

Une énième fois je déplace la chaise que tu poses contre la vitre et qui m’empêche d’ouvrir la fenêtre le matin pour aérer la chambre. Une fois de plus je me retrouve à faire ce geste. À prendre le dossier dans une main. À soulever la chaise et à la porter jusqu’au coin de la pièce. Là où une chaise doit être. Là où toute chaise possède sa place et quoi que tu en penses c’est là qu’elle doit rester.

Et non. Encore aujourd’hui non. La chaise est là comme toujours.

Et je la prends dans une main en maudissant la vie de m’avoir donné à accomplir ce geste tous les jours. Ce geste que j’aimerais tant éviter. Cette mauvaise habitude qui nous sépare peu à peu dans les choses. Dans les couverts lavés et les casseroles empilées. Dans les portes fermées et les placards ouverts. Dans ce qui définit le lieu et l’organisation d’une vie commune. D’une vie où chacun trouve ce qu’il cherche. Sans passer des heures à imaginer où ton esprit tortueux a bien pu fourrer cette idée. Dans quelle zone de ton cerveau se terre une logique qu’on pourrait comprendre et envisager enfin de partager un quotidien ? Je me demande en attrapant cette chaise et en la soulevant pour la poser sur le côté et ouvrir la fenêtre.

Les voisins d’en face ont installé un grillage autour de leur propriété. Notre jardin paraît soudain plus petit. Nos fleurs tout à coup solitaires. Coincées entre deux haies métalliques.

J’aimerais m’en aller. Recommencer tout ailleurs. Avec toi peut-être. Je ne sais pas. Il y a tellement de choses qui nous séparent. Autant de choses qui nous relient. Je suis pris dans un aimant qui m’éloigne et m’approche et je ne sais pas comment prendre la distance en restant. J’ai besoin d’air. Besoin de temps. Besoin que les choses s’installent un peu et que je puisse les regarder vraiment. Pas pris dans le tourbillon des plannings. Non. Je veux respirer.

Je prends une grande inspiration et j’essaye de regarder le grillage du voisin d’une manière positive. Je te jure que j’essaye. Je me concentre bien sur l’architecture des mailles et j’arrive à lui concéder une sorte d’originalité. Une beauté même. Et puis ce chien qui peut maintenant s’ébattre sans être attaché. C’est indéniablement mieux pour lui.

Et nous aussi nous avons de la chance finalement. Nos enfants n’aboient pas. Nous n’avons pas de chien. Nous n’avons pas envie d’en avoir. Pas non plus de projet en commun. À part élever des enfants et gagner de l’argent. Nous n’avons pas de plan ni de stratégie. Nous manquons de concertation. D’une bonne reprise en main. D’une remotivation des troupes.

Je reprends une bouffée d’air et je commence à chercher une solution. Une raison de continuer la.

Tu m’appelles à l’autre bout de la maison. Je fais mine de ne pas entendre. Je veux rester un peu la tête par la fenêtre et prendre le temps de réfléchir encore.

Mais ta voix se fait plus insistante. Et les enfants se joignent à toi pour m’appeler tout de suite.

Je n’ai pas le loisir d’inventer la solution.

Je rentre la tête et ferme la fenêtre.

J’arrive en traînant les pieds vers la cuisine où le petit-déjeuner commence par un verre cassé. Je regarde les morceaux de verre par terre en demeurant positif. Je te jure que c’est vrai. Je me dis que c’était un verre moche. Que nous avons d’autres verres à casser dans le buffet et que nous pouvons ramasser les débris de celui-ci pour les mettre à la poubelle sans état d’âme.

Je relève la tête et vous vois plein de larmes et de fatigue dans la lumière allumée du petit matin.

Je ne comprends pas ce qui nous est arrivé. Avec notre angoisse du moindre verre brisé. Avec nos coups d’éclats du premier réveil et nos scandales autour de rien. Je ne sais pas ce qui nous a amenés là.

Et j’essaye de positiver toujours. De nous voir ici dans la cuisine d’une manière optimiste. De considérer cette famille digne d’intérêt. Mais je n’y arrive plus. Je ne sais plus par où passe le courant positif. Et je vous déteste de m’avoir invité à votre table. Je vous déteste de m’enchaîner à vos bouches. Je vous déteste tant pour tant de raisons que j’ai même oublié. Vous ne valez pas une seconde ni un mot de plus. Vous ne valez rien. Je vous laisse avec les chaises et les verres.

Je vais prendre une douche. »

 

Sébastien Joanniez – 2012

Noir grand

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NOIR GRAND

(Extrait)

« Ici c’est la peau. Et j’ai pas la peau, pas la patte blanches. 

J’ai l’air d’un extraterrestre, avec mes bras noirs, mes jambes noires, mon visage noir et mes cheveux noirs. Noirs  d’ailleurs, tellement noirs, ça fait la nuit par­tout quand j’arrive, tout le monde s’éteint. Les yeux se ferment, les bouches se taisent. On entend même les idées dans les têtes qui ron­ronnent  et  qui se demandent ce que je trafique ici, et pourquoi je suis pas dans mon pays parce qu’ici les Noirs, non !

Même mon père, il est blanc.

Et ma mère, elle est aveugle. Elle me voit pas, elle m’imagine. Je suis sûrement blanc pour elle, comme un ange. »

Roman à paraître en mars 2012 aux Editions du Rouergue, avec des illustrations de Daniela Tieni.

 

 

 

Du son

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L’aventure « Joanniez Trio » (Thierry Küttel aux basses, Pierre Lassailly aux clarinettes) continue sa route à St Ambroix le 27 septembre, à Marseille (Littorales) les 18 et 19 octobre, à Marseille (Friche La Belle de Mai) le 19 décembre.

Quelques titres en répétition (branchez vos meilleurs écouteurs !) ici

 

« ENTREZ ! »aux Editions du Rouergue

entrezweb.jpg« Alors voilà  : mon père et ma mère et moi, on est là . Sous la pluie. On a oublié quelque chose… »
Un enfant égrène, page après page, l’essentiel de sa vie et organise son monde : il y a l’amour, le sourire, le chemin, les autres… tout le monde est là, et TOI aussi bien sûr !
Un livre tout simple, comme une ritournelle, magnifiquement illustré par Joanna Concejo, pour se faire une place dans le fatras du monde.

Une critique ici

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